LE PROCÈS DE PAULA BULGARU

Le journal « Monitorul de Iasi », le 20 octobre 2001

Le prêtre de la Métropolie pense que les juges ont commis une grande erreur

La Métropolie d’Iasi s’est sentie provoquée et a pris position envers tout ce qui s’est passé. A leur tour, les avocats et les procureurs ont analysé le comportement de Paula Bulgaru. Et toute cette mobilisation à cause d’une fille de 21 ans qui a osé dire à haute voix ce qu’elle pensait même pendant la messe de Sainte Parascheva. Peut-être si les policiers ou les procureurs s’étaient limités seulement à appliquer une amende, Paula Bulgaru aurait été considérée une anonyme qui aime le scandale et qui aurait été oubliée jusqu’à la fin de la messe du dimanche de Sainte Parascheva. Mais le zèle des enquêteurs a été trop exagéré. Le scandale s’est amplifié et « la boule de neige » est devenue « une avalanche » qui a attrapé dans sa voie le Métropolite Daniel et l’Evêque Casian.

Le conseiller juridique de la Métropolie critique les juges

La position de la Métropolie envers la décision des juges de citer le Métropolite Daniel et l’Evêque Casian en tant que témoins est ferme: les personnes de l’Eglise n’apparaitront pas devant les juges. Le communiqué envoyé à notre rédaction à minuit contient le texte suivant: « Les hiérarques mentionnés n’ont pas de qualité dans ce procès car l’infraction commise par la fausse nonne, Paula Bulgaru, n’est pas outrage contre les autorités, mais outrage contre les bons mœurs et le dérange de l’ordre publique sur la procédure du flagrant. L’instance n’avait pas le droit de décider l’admission de la preuve avec les temoins auxquels on a fait la référence au-dessus, surtout que les deux temoins devraient être les témoins de la defence de l’inculpé, ce qui est contre les normes de procédure pénale et contre le but suivi par le procès pénal ». Sur le même ton, le conseiller juridique de la Métropolie, Constantin Grigore, a critiqué les juges en considérant que l’instance a fait « une grave erreur car on n’a pas étudié suffisamment les dispositions de l’Article 321, Code Pénal et Code de Procédure Pénale en ce qui concerne le flagrant dans l’infraction d’outrage contre les bons mœurs et le dérange de l’ordre publique ». La réponse de la Métropolie embrasse largement l’action des procureurs et contient également le fait suivant: « Vu que la procédure du développement du procès dans ce cas est d’urgence et que le jugement a été fait avec célérité, les normes procédurales ne permettent pas d’audience supplémentaires de témoins ». Par d’autres mots, les représentants de l’Eglise ne viendront pas devant l’instance « pour éclairer la situation », tout comme l’avocat Mariana Bazdara a espéré. « Nous avons appelé ces personnes qui ont un haut rang parmi les gens, mais qui sont égaux devant Dieu comme tous les mortels ordinaires, pour venir et établir la situation correcte des faits, afin de décider si le comportement de la jeune fille a un aspect d’injurie et de calomnie, tout comme les procureurs l’affirment », Mariana Bazdara a dit. Elle a ajouté « Personnellement, j’ai espéré qu’ils viennent et qu’ils disent aux juges que, en tant que les représentants de l’Eglise, ils la pardonnent pour ce qu »elle avait prononcé, surtout que la fille a admis d’avoir pardonné ceux qui l’ont envoyée à l’arrêt ».

Des opinions pour et contre dans le cas de Paula Bulgaru

L’avocat Alfred Tapliuc s’est montré contre la citation des hautes personnes de l’Eglise devant l’instance. « Du point de vue moral, le Métropolite Daniel n’aurait pas dû être cité. Ce qui s’est passée n’est pas normal. Que faire devant l’instance? Répondre aux questions? Est-ce son rôle? Selon moi, il aurait du refuser », Alfred Tapliuc a déclaré.

L’avocat a fait référence au scandale provoqué par la jeune fille et il a précisé qu’il aurait été très élégant pour Paula Bulgaru d’avoir reçu seulement une amende contraventionnelle. « Une église est un endroit où l’on prie à Dieu en silence et on doit respecter les autres. Tout dérange est ennuyant. La jeune fille devait être punie pour ce qu’elle avait fait, mais elle ne devait pas être arrêtée », Alfred Tapliuc a ajouté. « Le procès a été permis par Dieu afin que les autres puissent découvrir que justement ceux qui parlent au nom de la Christianité ne sont pas de tout Chrétiens », un avocat a commenté sous la réserve de l’anonymat. Un autre représentant des avocats, Carmen Bernic, aurait préféré un équilibre en tout ce qui s’était passée. « La fête de Sainte Parascheva a été une occasion de purification morale et d’ascension spirituelle qui n’aurait pas du être troublée. Si cette fille-la a dit la vérité, elle aurait dû chercher un autre cadre afin d’exprimer ses convictions, pas pour compromettre la fête. Une religieuse véritable n’aurait pas agi de cette façon. Si je dois faire référence aux procureurs, je vois la mesure de l’arrêt un peu exagérée », Carmen Bernic a commenté. En échange, l’avocat ne peut pas concevoir que le Métropolite apparaisse devant les juges, même en tant que témoin. « Le Métropolite est un symbole religieux qui ne peut pas être engagé en affaires banales de la vie quotidienne. Pour des millions de Chrétiens, il représente celui élu par Dieu, un symbole qui ne doit pas être engagé en telles situations, même pénales », Carmen Bernic a montré son point de vue.

Voyons comment on va dérouler le procès de Paula Bulgaru. La procédure d’urgence de Paula Bulgaru suppose que l’arrêt, le jugement et la conviction prennent place en 10 jours maximum depuis que le fait a été commis. C’est-a-dire, jeudi 25 octobre, le jour du terme suivant, tout doit être finalisé quelque soit la présence ou l’absence des personnes de l’Eglise devant les juges. Même si les avocats ont demandé un terme plus court afin de citer le Métropolite et l’Evêque deux fois, si c’est possible, les juges ont concilié les deux parties. L’avocat Mariana Bazdara a expliqué: «  D’une part, en sachant que le terme de jugement expire le 25 octobre, ils ont établi ce jour comme le terme de jugement. Ainsi, ils ont offert aux hautes personnes la possibilité de refuser la citation sans être menacés par aucune conséquence pénale ». En d’autres cas, une citation à laquelle on ne répond pas va recevoir de façon consécutive une amende et puis un mandat où les témoins sont amendés par la police devant l’instance s’ils refusent de venir volontiers.

Photo: L’avocat Gianina Geantau: “Nous citons le Métropolite Daniel et l’Evêque Casian comme témoins”